« La crise » est juste devant nous.


Ce matin, les nouvelles ne sont pas bonnes. L’effondrement des cours sur les places boursières ne présage rien de bon.

En outre, la crise actuelle nous révèle une réalité politique préoccupante.

Tout d’abord, elle nous place devant un constat anxiogène : les responsables politiques se révèlent impuissant à endiguer son extension, et donnent l’impression d’être dépassés par des données techniques et financières d’une rare complexité.

Partout, aux Etats Unis d’Obama, comme en Europe et particulièrement dans les pays gouvernés par des Socialistes, « les fondements de la social-démocratie, qui sont aussi ceux du contrat social moderne, sont gravement menacés ».

 La situation économique d’endettement de nombreux pays crée « une situation de rupture avec le concept d’Etat-providence ». Partout la dette publique devient un enjeu majeur du débat politique, et, d’ores et déjà, la « social-démocratie » est confrontée sur cette question, à un véritable combat culturel.

Peu à peu se met en place un argumentaire qui renforce les thèses conservatrices selon lesquelles “les marchés” auront toujours le dernier mot face à l’impuissance des Etats, pris à la gorge par leurs créanciers, et condamnés à des abandons de souveraineté. Selon le même argumentaire, toute orientation politique s’éloignant des règles d’une certaine orthodoxie serait sanctionnée par les agences de notation.

Devant cette menace, les sociaux-démocrates s’efforcent de s’adapter, et de construire un nouveau discours à partir d’une approche originale de la question, qui se démarque de celle du libéralisme néo classique.

On entend de plus en plus, certains sociaux-démocrates affirmer que « la dette doit être réduite non parce qu’elle résulte d’une action publique dispendieuse et irresponsable, mais précisément parce qu’elle rend impossible cette action publique en limitant, par le poids des intérêts, les modalités d’action des Etats et donc les possibilités de choix collectif des sociétés ».

C’est le cas dans l’article ci-dessous, publié par « lemonde.fr »:

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/01/la-social-democratie-naufragee-de-la-dette_1554912_3232.html#ens_id=1268560

Ce discours tente d’endiguer sentiment croissant dans le peuple que « l’Histoire lui échappe » et que les gouvernants ne peuvent plus agir sur le cours des choses. Prisonniers de lourdes contraintes historiques et économiques, qui réduisent les mécanismes démocratiques à des « jeux de rôles » purement formels, « ils ont, pour la plupart, gravé dans le marbre les limites de leur propre capacité d’agir ».

On assiste ainsi à la déconfiture successive des politiques menées par des gouvernements sociaux-démocrates, en Grèce, au Portugal, en Espagne, et même aux Etats Unis ou le Président Obama, sous la contrainte de son opposition conservatrice, se voit dans l’obligation de renoncer à de larges pans de sa politique « sociale », ce qui n’empêche pas les agences de notation de sanctionner sa politique en privant les Etats Unis de la note AAA.

Les Etats Unis, considérés jusqu’ici, comme une puissance financière capable d’imposer au monde la loi de sa politique monétaire et la force du dollar, se voient, ultime humiliation pour Obama, enjoints par la Chine, leur principal créancier, de remettre sans tarder, de l’ordre dans leurs finances sous peine de mesures de rétorsion économiques.

La Chine « a désormais tous les droits d’exiger des Etats-Unis qu’ils s’attaquent à leur problème structurel de dette » après l’abaissement de la note américaine par Standard & Poor’s, a affirmé samedi l’agence officielle Chine nouvelle.

Le choc est brutal dans les consciences.

On ne sait plus si on se trouve à la veille d’un effondrement de la social démocratie, après celui du communisme soviétique, où si on assiste à la revanche des pays émergents dynamisés par un désir acharné de sortir de la misère, et, s’agissant de la Chine, par un système politique qui a conservé du communisme la férocité à l’égard de toute opposition et qui applique, en économie, les méthodes d’un capitalisme libéral impitoyable.

Cette interrogation devant un « nouvel état du monde » auquel les discours politiques lénifiants nous ont très mal préparés est devenue  angoissante. Elle est en train de générer un scepticisme généralisé, et notamment, une défiance envers la social-démocratie dont le rôle historique semble aujourd’hui dépassé et dont les tenants se réfugient dans les pays menacés, derrière un déni de réalité destiné à masquer leur impuissance.

Le risque, dont on perçoit les premiers signes, est de voir le peuple tenter de « reprendre la main » en contestant les mécanismes de la démocratie représentative et en choisissant de retrouver l’expression d’une souveraineté, à travers la contestation des « élites » décrédibilisées.

Le « populisme » gagne du terrain, partout en Europe et surtout là où « le peuple » rencontre le plus de difficultés à faire entendre sa voix, face à des « élites »qui cultivent ce puéril « déni de réalité »avec lequel seules les autruches peuvent encore rivaliser….

D’autres mouvements préconisent de fausses solutions bien plus inspirées par une forme de « nihilisme » moderne, aux quelles les « indignés » se raccrochent, ou un retour à une forme nouvelle de repli nationaliste, qui semble tourner le dos aux défis géopolitiques qui attendent les générations futures.

Car ce sont nos enfants qui seront confrontés à ce « nouvel état du monde » auquel nous n’aurons pas su les préparer.

6 réflexions au sujet de « « La crise » est juste devant nous. »

  1. berdepas Auteur de l’article

    Les Chinois connaissent surtout la différence entre « communisme » et « libéralisme »….Qui eût cru que les dérives du communisme puissent un jour donner naissance à un système où les apparatchiks se remplissent allègrement les poches en reprenant le célèbre « enrichissez-vous », devenez de bons capitalistes, mais restez communistes…..

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  2. Jacques

    C’est marrant votre texte bien idéologique.
    Il y a 250 000 « indignés » dans les rues de Tel Aviv, or le gouvernement actuel d’Israël ne me parait pas être spécialement « social-démocrate »……

    jf.

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