Blanc 1, Médiapart 0.


Equipe de France « espoirs »….

 L’offensive de Médiapart contre la Fédération Française de Football, et à travers elle, contre le sélectionneur Laurent Blanc, a fait long feu. 

 La question qui était soulevée au cours de la fameuse réunion organisée à la Direction Technique Nationale était celle des « binationaux », c’est à dire, celle des « jeunes » africains ou maghrébins appartenant à des pays « dont on ne perd jamais la nationalité » , -j’ai déjà abordé ce sujet dans un billet précédent (1 )-, et qui une fois formés à grands frais en France, choisissent de faire profiter leur « pays d’origine » de leur talent.

Le seul fait de soulever cette question a été considéré par ceux qui alimentent la « paranoïa » anti-raciste ambiante comme une preuve de « racisme »pur. 

Au nom de « l’esprit universaliste de la République française » certains jugent qu’il « a toujours été dans notre tradition de former des joueurs pour d’autres pays. Cela participe au rayonnement de notre école de formation. »

Médiapart a focalisé l’objet de cette discussion sur les aspects évoqués ci-dessus.

Or l’analyse « non-orientée » du contenu de cette discussion montre que le véritable objet des échanges contestés concernait le style de  jeu et le profil des joueurs qui lui aussi, suscite la polémique. « On ne veut pas éliminer les étrangers, pas du tout, a dit Laurent Blanc selon Mediapart, mais faire en sorte que les pôles espoirs ou les pôles de la DTN testent sur des critères mieux définis pour pouvoir attirer d’autres personnes, parce que si on a toujours les mêmes critères, y aura toujours les mêmes personnes. […] On a l’impression qu’on forme vraiment le même prototype de joueurs : grands, costauds, puissants. Qu’est-ce qu’il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les Blacks. Et c’est comme ça. C’est un fait actuel. » Et Mombaerts d’enchaîner : « Laurent, le phénomène que tu évoques, c’est tellement ancré chez nous que les petits gabarits blancs qui sont dans les pôles espoirs, les clubs pros me les laissent sur les bras. Ils ne les prennent pas, même si c’est des bons joueurs ! »

Depuis, le sélectionneur a reconnu qu’il avait fait preuve de maladresse : « Que certains termes employés au cours d’une réunion de travail, sur un sujet sensible et à bâtons rompus puissent prêter à équivoque, sortis de leur contexte, je l’admets, et si, pour ce qui me concerne, j’ai heurté certaines sensibilités, je m’en excuse. » Il a abondamment expliqué que son analyse procédait « de critères footballistiques et pas ethniques » : on a, selon lui, « trop privilégié l’aspect physique dans la détection et pas suffisamment la technique, le dribble. […] Je veux des joueurs différents dans le jeu, pas au niveau de la couleur de la peau ».

Mais dans le contexte paranoïaque entretenu par certains médias, qui servent de chambre d’écho à des officines dont le fond de commerce repose sur l’exploitation d’un climat délétère autour des questions ethniques aux quelles notre société est de plus en plus confrontée, le fait même de soulever certaines interrogations donne lieu à des réactions outragées et souvent disproportionnées.

Les exemples fournis par certaines équipes, – on pense au FC Barcelone, et à la sélection espagnole, mais pas seulement – incitent à s’interroger sur l’évolution récente du football moderne.

On vient d’en avoir deux illustrations à l’occasion des dernières sorties de l’équipe de France.

Que ce soit en match de qualification pour l’Euro 2012, contre la Biélorussie, ou en match amical contre l’Ukraine, le constat est troublant.

L’équipe de France, avec ses « grands dadais » athlétiques, trop lents, développant un jeu « téléphoné », ennuyeux, sans imagination, sans conviction, sans percussion, est rapidement mise en difficulté par des équipes ou des joueurs de taille moyenne,-quand ils ne sont pas de petite taille-, pratiquant un football « technique »,  imprévisible, fait de rapidité, de finesse, d’invention permanente.

Et chacun peut constater que ceux qui sont susceptibles d’apporter un « supplément d’âme » à cette équipe de France, ce sont de nouveaux sélectionnés, des  Cabaye, des Gameiro, des Valbuena, des Martin, dont le profil se rapproche de ceux des équipes italiennes, portugaises, ou espagnoles: petits gabarits, capables de jouer en « passant la vitesse supérieure », en inventant des situations de jeu inattendues, en prenant des initiatives imprévisibles, et….en marquant des buts, ce dont nos attaquants habituels, « style Hoaro », sont incapables, même devant des équipes considérées comme « inférieures ».

Alors ???

Plutôt que d’aborder le problème sous l’angle des « quotas » de joueurs en fonction de leur couleur, ou de leur origine, ne faut-il pas comme Laurent Blanc voulait manifestement le suggérer au cours de cette réunion – (qui n’aurait pas eu un tel retentissement si une « taupe » n’avait fourni à Médiapart une nouvelle occasion de s’illustrer)- revoir le « dosage » entre des joueurs athlétiques certes, mais tactiquement « limités », et des joueurs de moindre gabarit mais plus créatifs, plus rapides, et plus « percutants » contre les défenses adverses ????

Les résultats à venir apporteront vraisemblablement, la réponse à cette question.

(1)https://berdepas.wordpress.com/wp-admin/post.php post=6968&action=edit

Une réflexion au sujet de « Blanc 1, Médiapart 0. »

  1. Ping : La France grizée. | Tempus Fugit….

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