Le naufrage.


Certains habitués parmi les lecteurs de mon blog ont sans doute, parfois, le sentiment que « j’en rajoute » et que je force le trait, à propos des problèmes engendrés par l’incohérence de notre politique d’immigration. 

Et pourtant, la plupart des faits que j’évoque, que je commente ou sur lesquels j’ironise dans mes billets sont tirés de la lecture de la Presse, ou extraits d’émissions de radio ou de télévision largement diffusés, donc accessibles à chacun.

Leur invraisemblance apparente n’est que le reflet du caractère surprenant d’une réalité souvent occultée, pour des raisons parfois obscures et parfois peu avouables, car elles mettraient en évidence l’échec de toutes les initiatives qui depuis plusieurs décades ont tenté de donner à notre modèle d’intégration, un contenu et une réalité crédibles.

Le Haut Conseil à l’intégration vient de publier un rapport sur l’école. Surprenant, diriez-vous ??? Non. Juste stupéfiant.

J’en reprends ci-dessous quelques extraits. Je m’abstiendrai de tout commentaire. Les faits évoqués parlent d’eux-mêmes.

Angélistes, s’abstenir !!!!

Extraits du récent rapport du HCI —Haut Conseil à l’intégration — sur l’école.

page 6:

L’école donne des signes de souffrance. Elle est aujourd’hui le lieu de revendications nouvelles qui ressortent de l’expression du communautarisme, d’une identité religieuse, voire du rejet de la culture et des valeurs de la République française.

page 27+33:

Certains interlocuteurs craignent même que certains ELCO deviennent des « catéchismes islamiques »Les ELCO (enseignement des langues et cultures d’origine) : transmission d’un héritage ou frein à l’intégration ? Susceptibles de renforcer les références communautaires, les ELCO peuvent conduire au communautarisme alors que la République qui doit être enseignée ne peut pas être un conglomérat de groupes.

page 66:

«La victimisation des élèves par les parents, les victimisations racistes et les menaces de saisine de la Halde «musèlent les discours» nous précise-t-on. Les enseignants disent se sentir « seuls » face aux problèmes qu’ils rencontrent. Ces difficultés se croisent souvent avec une islamisation des quartiers et provoquent au sein de l’’école des tensions et pressions communautaires fortes qu’elle peine à endiguer.

page 99:

« Des enseignants se voient systématiquement opposés un refus de parents musulmans à l’étude par leurs enfants de la christianisation.

 Les mouvements migratoires, conséquences des Croisades sont remis en cause au prétexte que les Chevaliers n’ont pas existé ou que dans le meilleur des cas, ils n’ont jamais atteint le Proche-Orient ! »

La montée des fondamentalismes et du communautarisme ouvre la porte à des contestations de cours de plus en plus nombreuses. Ainsi, il n’est plus rare que, dès l’école primaire, des parties du programme soient refusées : alors que le programme d’histoire en CM1 prévoit expressément « les Gaulois, la romanisation de la Gaule et la christianisation du monde gallo-romain », au même titre que l’étude « des conflits et échanges en méditerranée au Moyen Âge : les Croisades, la découverte d’une autre civilisation, l’islam », des enseignants se voient systématiquement opposés un refus de parents musulmans à l’étude par leurs enfants de la christianisation.

Ainsi, la pression religieuse s’invite au sein des cours et dans la contestation ou l’évitement de certains contenus d’enseignement. Ainsi, les cours de gymnastique et de piscine sont-ils évités par des jeunes filles qui ne peuvent être en mixité avec les garçons.

Ces dispenses d’enseignement, parfois justifiées par des dérogations médicales «de complaisance», pose le problème du vivre ensemble entre filles et garçons.

Il arrive parfois que des enseignants, désemparés devant le peu d’élèves à la piscine lors du ramadan, cherchent auprès de l’imam le plus proche la justification religieuse à pouvoir suivre les cours dispensés. Par une volonté de bien faire, ces enseignants contreviennent au principe de laïcité et inscrivent la religion comme ayant force de loi.

page 100:

Ces dernières années sont marquées par une affirmation de l’appartenance religieuse dans les comportements des élèves. Face à cela, les enseignants et les équipes éducatives ne savent pas quelle attitude choisir : certains font semblant de ne pas voir le problème, d’autres justifient ces comportements par la victimisation de ces élèves, d’autres encore cherchent un fondement religieux pour légitimer leur cours…

page 101:

Trois questions provoquent des situations de tension dans certains établissements :
– l’enseignement du fait religieux ;
– la Shoah ;
– le Proche-Orient (le problème israélo-palestinien).

page 102:

 L’enseignement du fait religieux est souvent assimilé à du catéchisme. Certains parents y voient des tentatives d’évangélisation. Plusieurs incidents sont liés à la visite de lieux de culte ou mémoriaux (refus de visiter des églises ou des mosquées, refus de visiter les cimetières de Verdun…).

Des revendications religieuses se font jour : demande de pause pour la rupture du jeûne lors du Ramadan, rupture du jeûne de professeurs musulmans avec leurs élèves dans un collège du Nord de Paris, refus de représentation de figures humaines en cours de dessin…)

L’antisémitisme est souvent exprimé anonymement et peut se manifester lors des cours consacrés à l’enseignement de la Shoah : plaisanteries déplacées, refus de voir des films comme Nuit et Brouillard. Les tensions viennent souvent d’élèves qui s’affirment musulmans.

L’antiaméricanisme est souvent lié à l’antisémitisme. La vision du monde qui semble s’opérer est binaire : d’un côté, les opprimés, victimes de l’impérialisme des Occidentaux, et ce, depuis les temps les plus reculés, et de l’autre, les oppresseurs, les Européens et Américains blancs, pilleurs des pays du Tiers-Monde.

La question de l’esclavage est un bon exemple de cette vision du monde : si la traite négrière transatlantatique est connue de tous, il est plus difficile d’aborder la question de la traite interne à l’Afrique ainsi que celle de l’Afrique du Nord et du Moyen- Orient. Cette vision fantasmée sert d’explication à l’histoire du monde et de justification aux échecs personnels. (…)

Le programme d’histoire introduit en classe de 5e pallie cette faiblesse. Sur certains territoires, ce vague héritage du tiers-mondisme trouve parfois des échos au sein même du corps enseignant, quelques uns de ses membres confortant les élèves dans un statut de victime, d’autant plus quand ils sont habitants des quartiers. Cette vision de l’histoire peut parfois servir de justification aux rapports sociaux : les habitants des cités, souvent immigrés, sont les opprimés d’hier, concentrés dans des ghettos, rejetés de la vie économique et de la réussite, tandis qu’au-dehors, les Français, assimilés aux Blancs, se partagent les richesses.

page 103:

 Les programmes d’histoire, associé à l’éducation civique et à la géographie, sont conçus comme intégrateurs (…) Les enseignants sont en ce sens les vecteurs de l’intégration citoyenne de leurs élèves – ils sont les héritiers des «hussards de la République»- : donner aux élèves le sentiment de faire partie d’un même peuple, unis par des principes fondamentaux, quand bien même leurs origines ethniques, leurs convictions politiques et religieuses sont dissemblables.

Certains enseignants demandent en urgence des formations solides en éducation civique et sur le sujet de l’enseignement du fait religieux et de la laïcité, l’importance de la mixité, l’égalité garçons/filles, les dérives sectaires

page 104:

«Les manifestations observées en milieu scolaire, individuelles et le plus souvent collectives, revêtent des formes parfois licites (comme la participation au jeûne rituel ou le refus d’aliments non consacrés, ou encore le marquage vestimentaire des parents), parfois illicites (comme l’absentéisme collectif, ou le refus ou la contestation d’activités et de contenus d’enseignement), ou au caractère parfois plus difficile à apprécier (comme certaines revendications d’adaptation à la vie scolaire ou des contestations politico-religieuses).»

Dans certains établissements des quartiers où la mixité sociale et ethnique est absente, les élèves se définissent par leur religion et leurs origines nationales, bien que Français. Nos auditions font ressortir de manière brutale un état des choses exprimé souvent à demi-mots, par peur de la stigmatisation de certaines populations.

Certains établissements sont traversés par des conflits intercommunautaires : ainsi en est-il par exemple à Marseille entre Comoriens et Mahorais, ou entre Kurdes et Turcs.

Dans ces «établissements-ghettos» les élèves sont prisonniers d’une assignation identitaire et religieuse. Il devient alors difficile pour les équipes éducatives de résister aux pressions religieuses.

Il nous a été signalé que, dans certains quartiers de la politique de la ville, les cantines sont peu fréquentées bien qu’existe une prise en charge des repas pour les familles défavorisées. Ainsi, dans plusieurs collèges des communes visitées par le HCI, la majorité des élèves de l’établissement ne fréquentent pas la restauration scolaire pour des raisons principalement religieuses, alors que des plats de substitution sans porc sont prévus.

page 105:

La demande de menus halals est forte, et cette demande concerne aussi, dès le plus jeune âge, les crèches collectives. Dans certaines villes, des pétitions de demandes de repas halals, ou parfois casher, circulent, parfois soutenues par des fédérations de parents d’élèves, comme au Tremblay-en-France ou à Lyon.

Le principe de laïcité républicaine, qui doit prévaloir aussi dans les cantines scolaires, service public non obligatoire et néanmoins lieux d’éducation, vise à ne pas discriminer les élèves en raison de leurs origines ou de leur appartenance religieuse.

La République ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte, or, faut-il le rappeler ici, le produit «à label religieux» est soumis à une taxe, redevance ou dîme prélevée par une association rituelle.

Le principe de laïcité peut apparaître, pour certains, comme une atteinte à la liberté de culte faite aux musulmans. Il est pourtant le nécessaire édifice des principes de liberté et d’égalité : l’élève est un citoyen libre, qui n’est pas soumis «par nature» à une religion.

L’école ne peut donc en ce sens participer de l’éducation religieuse des élèves, ou se conformer à des principes qu’elle ne reconnaît pas. On assiste par ailleurs à un glissement dangereux vers une «surdétermination ethnique».

Pour dire bref, l’enfant de type maghrébin est aussitôt considéré comme musulman, au détriment même du principe de liberté de culte, c’est-à-dire non seulement de pouvoir exercer son culte, mais aussi et avant tout de pouvoir choisir ou non d’avoir un culte.

page 106:

Lors de périodes religieuses comme le ramadan, les élèves sont soumis à la pression communautaire et doivent suivre le groupe sous peine d’en être exclus : les railleries, les moqueries, les insultes sont le lot de ceux qui n’affichent pas leur pratique.

Si la loi du 15 mars 2004 encadrant le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics, a réglé la question du voile des élèves dans l’enceinte scolaire, la question se pose toujours de celle des accompagnatrices lors des sorties scolaires.

La délibération du 14 mai 2007 de la Halde de ne pas faire appliquer l’interdiction du voile aux accompagnatrices de sorties scolaires est source de tensions pour les équipes enseignantes. Il nous a été signalé que des mères qui n’étaient pas voilées auparavant viennent voilées lors des sorties scolaires.

(…)Plus gravement, les filles sont soumises à la pression des garçons, notamment des frères, au prétexte de la religion et du fait qu’elles doivent «être respectées». (…)

Les filles sont chez elles, dans l’intimité des appartements, elles ne restent pas avec les garçons à jouer dehors après la classe. Difficile dans ces conditions d’exister, et beaucoup constatent que les filles payent aussi le fait de jouer le jeu de l’intégration scolaire.

Plus sérieuses en classe, elles obtiennent de meilleurs résultats, au grand dam des garçons qui leur font payer par une étroite surveillance, voire en leur reprochant d’être des «collabos».

L’école est en effet perçue comme l’école de la France par des jeunes en perte de repères, qui se vivent comme Algériens, Marocains, Camerounais… avant d’être Français.

page 107:

Ni d’ici, ni de là-bas, ils s’enferment dans une vision idéalisée de leur origine et revendiquent leur altérité au travers de leur religion.

 Les enseignants sont traités de «sales Français», la culture française et ses valeurs sont rejetées. Le rapport Obin notait déjà qu’»un grand nombre d’élèves d’origine maghrébine , Français, voire de parents français, la majorité sans doute dans certains établissements, se vivent comme étrangers à la communauté nationale, opposant à tout propos deux catégories : les «Français» et «nous».

Le Haut Comité pour l’intégration n’est pas suspect de parti pris, ni de sectarisme, ni de racisme. Il a pour raison d’être, en effet, la proposition de mesures destinées à favoriser l’intégration des immigrés, et à lutter contre le communautarisme.

Son constat est celui d’un échec cuisant, dont nous n’avons pas fini de payer les conséquences.

7 réflexions au sujet de « Le naufrage. »

  1. Avec votre billet, non.
    Mais avec la question posée par Jean-Pierre le 15/12 4.57.
    Question à laquelle vous avez répondu le 15/12 à 6.29.

    Ce n’est donc peut-être pas la peine d’essayer de me faire passer pour un imbécile !

    jf.

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  2. 1) A Nantes, il ne s’agit pas d’un jugement en appel mais de première instance, le Tribunal de Police !
    2) M. Berdepas, indiquez-nous donc si le Tribunal en question n’a pas appliqué la Loi, où, comment, quel article…
    Sachant, de plus, que l’intérieur d’un véhicule est considéré depuis des lustres comme domaine PRIVE. Pour fouiller un coffre, la police a besoin d’une autorisation du Procureur !

    Heureusement, qu’au nom du Peuple Français, nos Tribunaux ne jugent pas selon l’humeur du temps ou prétendue telle d’une partie du Peuple, mais compare les faits aux termes des Lois également votées au nom du Peuple !

    jf.

    NB: il parait même que les deux Magistrats de Nantes ne sont pas syndiqués !!!

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  3. Combat d’arrière garde ou pas, le combat doit être mené. Il n’y a aucune raison pour que les musulmans obtiennent chez nous ce qu’ils refusent chez eux aux « mécréants ».
    L’Europe retrouvera sa crédibilité le jour où dans ce domaine là comme dans d’autres elle sera capable d’imposer la réciprocité. Plutôt que de citer, en permanence le Coran, habituons-les à entendre certains préceptes de la Bible ou de la Tora: « ne fais pas chez les autres ce que tu ne veux pas que l’on fasse chez toi » !!!!!
    Quand au jugement en appel que vous évoquez, il est significatif de la dérive du système judiciaire français: il ne rend plus la justice au nom du peuple, mais au non de ses propres valeurs. Lorsque la Justice s’éloigne du peuple, on peut tout craindre.

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  4. Tout ce que vous décrivez, les compléments apportés par Jacques et,avec tout ce qui se dit par ailleurs dans la presse les faits ou les constats sont avérés. Mais je me demande si ce n’est pas un combat d’arrière garde tout compte fait. En masse ce sera difficile pour les musulmans d’obtenir des lieux de culte mais individuellement ou par petit groupe ça se fera.
    Ca me rappelle les discussions sur le PACS et la réaction de Jacques Langue.
    AU fait que pensez-vous du jugement en appel pour conduite avec le visage dissimulé qui vient d’avoir lieu à Nantes?

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  5. Qu’il y ait un diagnostic complémentaire à celui ci, ne change rien au fond du problème.
    Ce que rapporte le HCI ne nous apprend pas grand chose, car nous le savons déja. Mais comme je l’exprime quelque part dans un de mes derniers billets, ce sont des faits que les médias nous distillent à petite dose, et dont on mesure la portée, seulement lorsque l’on en fait la synthèse, qui montre une évidence: à l’école ou ailleurs, il y a des immigrés qui souhaitent sincèrement et ardament à s’intégrer à la société française, et d’autre qui sont et resteront inassimilables, parcequ’il refusent viscéralement la culture et les valeurs qui ne sont pas et ne seront jamais les leurs. Leur refus n’est pas seulement un réflexe d’attachement à leur culture d’origine dont ils mesurent les incompatibilités avec la nôtre, il est entretenu comme on entretient des braises par des influences à la fois religieuses et subversives motivées par la haine de l’Occident.
    Le fait de garder les yeux bandés devant une mêche qui brûle lentement et qui explosera un jour, ne contribue pas à résoudre ce difficile problème.

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  6. Le président du Haut conseil à l’intégration (HIC), Patrick Gaubert, explique au JDD la manière dont a été effectué ce rapport et indique qu’une autre étude, sur la politique d’intégration cette fois, sera également publiée dans quelques semaines.

    Pourquoi ce rapport?
    Le HCI n’avait jamais conduit d’étude sur ce sujet. Il nous semblait nécessaire de l’aborder car il est au cœur des défis que doit relever la société française. Le président de la République et le Premier ministre ont d’ailleurs accédé à notre demande. Dans quelques semaines, nous publierons également un rapport sur le bilan de la politique d’intégration qui va démonter notre échec relatif dans ce domaine. Ces deux documents sont complémentaires. Nous avons réalisé près de 200 auditions, de professeurs, de syndicalistes, d’enseignants, d’assistantes sociales, d’inspecteurs de l’Education nationale ou encore de sociologues…Paradoxalement, la question de l’intégration se pose aujourd’hui moins pour la première génération que pour la deuxième et la troisième.
    Qu’est-ce qui vous a le plus surpris?
    Les personnes que nous avons rencontrées sont les acteurs du système. Nous avons été surpris de constater qu’elles nous racontaient fort bien leur quotidien mais ne communiquaient jamais entre elles. Je dois dire que cela me paraît également être un travers que l’on retrouve au niveau de l’Etat. Les administrations, et parfois même les ministres, traitent des mêmes sujets mais ne se parlent pas. Ce travail aura au minimum la vertu de faire le lien entre toutes ces bonnes volontés. Le conseil interministériel à l’intégration qui ne s’est pas réuni depuis 2006 doit être réactivé.
    Vous appartenez à la majorité et le constat que vous dressez n’est pas très favorable. Le gouvernement s’est-il fourvoyé?
    Nous avons réalisé notre travail en toute indépendance. Le collège du Haut conseil est composé de personnalités de gauche comme de droite. La situation que nous décrivons est le résultat de plus de vingt ans de tâtonnements. Le gouvernement actuel n’est en rien responsable. Le rapport salue même les mesures du plan de cohésion sociale. En revanche, je considère que si le président de la République n’est pas comptable d’un héritage ancien, il le sera du bilan que d’autres tireront dans vingt ans. Nous formulons des dizaines de recommandations. J’espère qu’elles ne resteront pas sans réponse.
    Laquelle vous paraît la plus importante?
    Elles le sont toutes! Je pense cependant que rendre l’école maternelle obligatoire est une des clefs pour sortir certains enfants de l’échec scolaire et sociale. C’est à ce moment de la vie que les écarts se creusent. Ils sont ensuite difficilement rattrapables. Un enfant issu d’une famille en grande difficulté possède moins de 400 mots à l’entrée au cours préparatoire alors que celui d’une famille de cadre dispose de 1.500 mots. Plus largement, les gouvernements futurs devront aider l’école à relever le défi culturel auquel elle est confrontée.

    jf.

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