Populisme.


Contrairement au mot « rigueur », le mot « populisme » est en train de devenir « tendance »….

Dès lors que l’on s’avise d’appeler un  « chat, un chat », on fait du populisme tout comme Monsieur Jourdain faisait de la prose….

Il semblerait que ce mot ait un contenu différent selon qu’il soit prononcé avec une sensibilité « de Droite » ou » de Gauche ».

Ainsi, s’interroger ou débattre sur « l’identité nationale « , dénoncer la violence , la délinquance organisée ou l’ insécurité qui ont conquis certaines parties du territoire, s’interroger sur la part des flux migratoires dans la dégradation du climat dans les banlieues, c’est contribuer à « nourrir le populisme » ! .

Autrement dit, la loi du silence doit être respectée sur des problèmes qui pourrissent la vie de millions de Français, et il faut laisser ce terrain « nauséabond » au seul Front National qui peut ainsi s’emparer de tous les symboles qui ont autrefois charpenté l’unité française.

Sur un autre registre, dénoncer des pratiques indécentes au sommet de l’Etat, soumettre à la sévérité du jugement de l’opinion publique les abus de quelques ministres qui semblent avoir perdu la tête, demander aux plus hautes autorités de l’Etat de faire preuve d’une totale transparence sur des « révélations » qui jettent un doute profond sur la probité de certains responsables, et génèrent une suspicion néfaste sur une partie de la classe politique, devient une autre façon de » nourrir le populisme ».

Car » le peuple », lui,  ne nourrit pas d’illusions sur le caractère douteux de certaines pratiques et voit bien, même si une partie des médias cherche à focaliser son attention dans une seule direction, qu’il y a des relations suspectes entre certaines personnalités de droite comme de gauche, avec le monde de l’argent. Les milliardaires, de droite comme de gauche, rôdent en permanence autour des sources, actuelles ou futures, du Pouvoir quel qu’il soit.

La Droite, empêtrée dans la vaseuse affaire Woerth/Béttencourt, se prépare à lancer dans le débat public, un certain nombre d’affaires en cours dans les Régions gouvernées sans partage par les socialistes, dont certaines font l’objet de procédures judiciaires.

Les préliminaires de la campagne présidentielles de 2012 nous promettent un débat public vautré dans le caniveau, dont seront évacuées les questions de fond, et les choix de société.

Car la seule vraie question qui vaille d’être débattue, c’est celle de savoir si la France, tel le Titanic, va continuer son chemin vers les abîmes, emportée par sa cargaison de privilèges de toute nature, consentis à l’époque où elle naviguait sur des eaux calmes, ou si elle est capable d’assumer le coup de barre indispensable qui lui permettrait de rejoindre la flotte des pays qui se sont ressaisis et qui entrevoient la sortie du trou noir…. 

Selon « Agora Vox », « un sondage récent révèle que 64% des Français jugent les dirigeants politiques « plutôt corrompus », Mais cette préoccupation de l’opinion publique ne date pas d’hier. Dans l’Eurobaromètre d’octobre 2009, la France fait partie des pays où les répondants ont classé les hommes politiques nationaux dans la catégorie la plus touchée par la corruption : 67% répondaient déjà que les pots de vin et les abus de pouvoir sont répandus dans la classe politique. 55% pensaient « qu’il y a trop de liens proches entre le monde des affaires et la politique ». Et dans l’indice de perception de Transparence international, la France est en baisse, n’arrivant l’année dernière qu’au 24ème rang mondial et au 14ème des 27 pays de l’Union européenne. »

Il est clair que le sentiment d’un « tous des nuls », « tous pourris » gagne du terrain, à la faveur d’une crise profonde et durable, qui réveille des sentiments de révolte chez ceux qui souffrent, révolte que d’autres guettent, dans l’ombre et au besoin attisent afin d’atteindre les objectifs de conquête du Pouvoir, qu’ils doutent d’être en mesure d’atteindre par les voies naturelles de la démocratie.

L’instrumentalisation de la détresse et de la colère du Peuple n’est pas un phénomène nouveau.

Elle peut conduire, soit sur les chemins déjà explorés de la « démocratie populaire », soit sur ceux d’un « national socialisme »hors du temps….

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