Stora’s story….


L'historien et sociologue Benjamin Stora à Paris en février 2005.

http://www.lemonde.fr/societe/chat/2010/05/21/france-algerie-est-il-possible-d-ecrire-une-histoire-commune_1360924_3224.html

Débat en direct avec Benjamin Stora, historien spécialiste du Maghreb et auteur de l’ouvrage « La Gangrène et l’Oubli » (La Découverte).

Coucou ??? Le revoila.

« lemonde.fr » et les médias « officiels » continuent  à faire la promotion de celui qui est devenu, avec la complaisance de ceux pour qui l’Histoire est une matière malléable, l’Historien Officiel de la Guerre d’Algérie, de ses origines et de ses conséquences.

 Membre de la confrérie des « historiens de pacotille », il occupe tous les écrans, dès qu’il est question de l’Algérie, et il déverse avec aplomb des certitudes qu’il avait acquises bien avant de devenir » historien »…

Son discours doit être interprété à la lumière de sa volonté d’oeuvrer à la réconciliation entre Français et Algériens, mais il doit être interprété également, à la lumière de son parcours personnel, de son engagement et de ses convictions.

Ce qui m’amène à reposer la question maintes fois soulevée sur ce blog : peut-on être à la fois historien ( ce qui suppose un certain recul par rapport aux évènements analysés ) et militant ( ce qui implique un parti pris, et des « a-priori » qui permettent de mettre en doute l’objectivité des analyses et des jugements).

Pour interpréter, – avec le recul nécessaire  précisément – , les propos, les oeuvres et les interventions médiatisées de Benjamin Stora, comment ne pas se référer à sa biographie ???

Celle que l’on trouvera ci-dessous est attribuée à Guy Dreux, professeur certifié de Sciences Economiques et Sociales au lycée Michelet de Vanves (92), titulaire d’un DEA de sciences politiques sur le retour de l’URSS d’André Gide. C’est donc la biographie d’un « historien » par un historien.

http://www.parutions.com/pages/1-4-96-4004.html

Benjamin Stora appartient à «  une génération qui a aujourd’hui entre 45 et 55 ans. En 1968 et dans les années soixante-dix, ils étaient lycéens ou étudiants. Communistes révolutionnaires, maoïstes, gauchistes… ils étaient « l’avant-garde » d’une Révolution aussi inévitable qu’imminente, qu’il fallait annoncer, préparer et organiser.

Benjamin Stora, historien et spécialiste reconnu du Maghreb, a été de ces militants, de cette génération politique. Il a passé quinze ans de sa vie, entre 1968 et 1986, à militer dans une organisation trotskiste : l’Organisation communiste internationaliste (OCI, devenu Parti communiste internationaliste, PCI, en 1981). Il y fut permanent de 1973 à 1984 et, à ce titre, il fut en contact régulier avec Pierre Lambert (Pierre Boussel de son vrai nom).
Le « lambertisme » est réapparu sur la scène politique française en 2001 lorsque Lionel Jospin, alors Premier ministre et candidat à l’élection présidentielle, a concédé avoir effectivement appartenu à cette organisation jusqu’en….1984.
Depuis, certains, comme Edwy Plenel (Secrets de jeunesse, Gallimard, 2001), ont décidé de s’en expliquer autrement que sur le mode de l’aveu. Benjamin Stora n’avoue donc rien dans ce livre. Il relate son expérience et tente d’expliquer notamment « comment une organisation au vocabulaire et aux pratiques si éloignés des moments libertaires de l’après-1968 a-t-elle pu séduire et retenir dans ses rangs des milliers de jeunes dans les « seventies » «  (p.14)

Comment expliquer en effet un engagement total (Benjamin Stora y consacre tout son temps et finalement sa jeunesse) dans un mouvement à bien des égards sectaire ? Car être à l’OCI, de l’OCI, représente une double rupture avec son temps. Rupture, évidente, avec les valeurs dominantes de la société de consommation et du spectacle qui se développe dans ces années soixante-dix. Mais rupture aussi avec au moins une partie de Mai 68. L’auteur souligne à ce propos : « En fait l’OCI n’avait jamais été une organisation proche du mouvement de mai-juin 68, même si elle avait réussi à capter une partie de l’énergie dégagée en attirant des jeunes comme moi dans ses rangs. Elle fonctionnait, bien au contraire, en se défiant de ce mouvement, combattant sans relâche le « spontanéisme » et ses dérives dangereuses, en particulier le passage au terrorisme (qui a été la tentation de bien des groupes et organisations, y compris à la Ligue communiste jusqu’à sa dissolution en 1973) » (p.228).

C’est donc par son histoire personnelle que Benjamin Stora essaie de répondre à cette question. Issu de la communauté juive de Constantine, il quitte l’Algérie en 1962 en partageant le sentiment de ses parents que c’est là un départ définitif. A son arrivée en France, il évite de parler de son identité de fils d’ouvrier juif d’Algérie. Le vocabulaire du matérialisme historique va alors lui permettre de sortir de ce qu’il considère comme un ghetto. Si « nous sommes tous des Juifs allemands » et si « les frontières, on s’en fout », il est alors permis d’intégrer les grands idéaux, de déplacer les solidarités. La logique étroite des appartenances communautaires fait alors place dans l’esprit de Benjamin Stora à la pensée de la lutte des classes. L’attrait pour ce type de discours politique est donc, dans un premier temps, un « soulagement, une libération », une « sortie du ghetto construit par appartenance communautaire » (p.39).

Son engagement est aussi une période d’acculturation. Les lectures sont nombreuses, à commencer par La Révolution permanente de Trotski. Formidable ouverture sur le monde donc mais dans une langue particulière qui lui fait percevoir le monde et son histoire comme l' »histoire de la lutte des classes » et les événements contemporains comme autant de failles d’un système détesté, en train de mourir. L’amour des livres est vite transformé en fétichisation des textes canoniques. Et l’on ne cesse, pendant ces trente glorieuses, d’actualiser le Programme de transition écrit par Trotski en 1938, dans lequel on peut lire que « Les nouvelles inventions et les nouveaux progrès techniques ne conduisent plus à un accroissement de la richesse matérielle » (cit. p.105). Tous les événements sont compris à travers la même grille d’analyse. Mai 68 n’a été qu’une répétition générale d’une Révolution dont la venue n’est pas douteuse.

Cet engagement est aussi fait du plaisir et de la fierté d’appartenir au cercle des initiés, à la partie consciente et éclairée du prolétariat. Dépenser autant d’énergie à préparer un processus historique aussi inéluctable que la Révolution mondiale pourrait apparaître comme contradictoire. Il n’en est rien puisque « le parti est l’expression historique consciente d’un processus inconscient » selon une formule de Lambert.

Mais la conscience de l' »avant-garde », son omniscience, c’est ce qui permet à l’organisation, au parti, d’avoir toujours raison. Là est bien le nœud de cette histoire. Car cette certitude, quand elle vient à disparaître, emporte tout avec elle.
Et ce n’est pas un hasard si c’est avec la lecture de l’Histoire secrète du parti communiste de Philippe Robrieux que Benjamin Stora éprouve des « doutes vraiment sérieux sur la nature de l’organisation » (p.198) à laquelle il appartenait, tant ce qu’il lit lui semble connu. Voilà l’échec d’une forme d’antistalinisme.
Ce n’est pas un hasard non plus si le premier voyage que Benjamin Stora effectue en Algérie en 1983, l’éloigne un peu plus de son engagement politique. Dans les quelques pages qu’il consacre à ce « retour », une autre histoire apparaît, plus sensible, faite de souvenirs d’enfance. « Mon côté terriblement dans le présent, absolument volontariste, rejetant avec mépris toute forme de sensiblerie (ou ce que je crois être tel) s’est vite fissuré, puis fracassé au contact du réel » (p.218).
La boucle semble bouclée.

 L’année suivante il cesse d’être un permanent de l’OCI. Deux années encore après il quitte avec d’autres membres l’organisation. »

Benjamin Stora – qui n’a pas vécu la Guerre d’Algérie – a donc effectué le parcours de bien de nos « stars » du système médiatique, lui même truffé d’anciens trotskystes, maoistes et autres lambertistes plus ou moins repentis.

 Son parcours est à rapprocher également, de celui de certains autres, qui eux, ont été des « acteurs »de cette guerre atroce et fratricide, et se sont illustrés en tant que « porteurs de valises » ou pourvoyeurs d’armes du FLN…..

Les « initiés » comprendront. 

3 réflexions au sujet de « Stora’s story…. »

  1. berdepas Auteur de l’article

    Les évènements de Sétif, pour les Historiens dignes de ce nom, ont des causes multiples. La « révolte »des Algériens n’a pas été aussi spontanée qu’on veut bien le faire croire en simplifiant les faits au point d’en faire une bande dessinée.
    Les Algériens étaient « travaillés » en profondeur par des mouvements téléguidés de l’exterieur. Les pays arabes, dont l’Egypte, en pleine « révolution » elle même, formaient des agitateurs professionnels qui agissaient sous le couvert du Parti de Messali Hadj. La CIA n’a pas non plus été innocente dans ces affaires, car les Américains,pendant le temps passé en Algérie avant leur débarquement en Italie et en France métropolitaine, avaient eu le temps de renifler les odeurs de pétrole….Ils seraient bien restés en Algérie si celle ci n’était pas le prolongement de la France, ce que de Gaulle n’aurait pas supporté.
    Cela explique en partie, la violence de la réaction de de Gaulle qui avait compris le parti que « certains » pourraient tirer de troubles en Algérie. Car il ne faut pas oublier que « les massacres » de Sétif ont eu lieu sous de Gaulle, et que le Gouvernement de l’époque comptait un bon nombre de communistes qui sont restés silencieux parcequ’ils y ont vu le moyen de bloquer net l’influence américaine.
    N’oublions jamais que Roosvelt, à la » libération » avait tenté de vendre à Churchill un plan de démantèlement de la France, dont la puissance résiduelle, et la présence dans le monde à travers ce qui constituait encore sonb « empire », gênait les projets d’expansion de la puissance américaine dans le monde…..
    Tous ces aspects ne sont jamais évoqués, même par allusion, par Stora, qui n’a probablement pas accès aux archives historiques américaines étant donné le soupçon de « communisme » qui pèse encore sur lui.

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  2. Jean Pierre

    Bonjour,
    Je partage votre propos sur Stora. Je ne comprend pas pourquoi les médias lui font confiance. Il est sectaire et raciste. Il a trouvé dans un milieu qui ressemble à celui qu’a connu la France en 1940 des gens qui se complaisent à trahir leur pays, comme ces porteurs de valises. A croire ses propos nous avons l’impression qu’il n’y avait que la guerre en Algérie. C’est comme si nous écrivions l’histoire de France qu’au travers des deux guerres Franco Allemande. J’en ai raz le bol de ce type. D’ailleurs je ne suis pas certain que les évènements de Sétif soit consécutifs à la colonisation. Peut être que l’avènement de l’état d’Israël dans cette période n’était étrangère à ce sursaut de la communauté Algérienne ?

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