Discriminations…


Dialogues de sourds.

 Dans « Lemonde.fr », un agent administratif hospitalier qui signe « Ahmed Raoui », raconte l’incident dont a failli être « victime » son frère et un de ses amis, à l’occasion d’un contrôle d’identité de routine comme il s’en pratique quotidiennement dans les banlieues.

 Les policiers,- pas très fûtés-, justifiant leur contrôle par le fait que la proportion de délinquants est, en banlieue, supérieure à celle constatée ailleurs, un dialogue s’est engagé avec les « victimes », au cours duquel se révèle l’évidence d’un fossé entre les deux perceptions d’une réalité visible à l’œil nu.

 L’agent administratif, lui considère ( je cite ) « qu’ en agissant de la sorte, les forces de l’ordre enclenchent des ressentiments lourds qu’ils ancrent profondément chez les populations qu’ils ciblent ainsi. Si cela a pu blesser des adultes confirmés comme mon frère et son ami, trentenaires, imaginez l’effet désastreux que cela crée chez des jeunes au sortir de la crise d’adolescence exacerbée par les difficultés matérielles quotidiennes. Voilà rendu palpable le cercle vicieux intolérable suivant : des contrôles systématiques tels que ceux effectués par ces policiers convaincus d’avoir à stigmatiser au préalable les ressortissants réels ou supposés de minorités qui s’en ressentent d’autant plus exclus. Dans ce contexte, l’incident tragique de Bagnolet prend tout son sens et son épaisseur : il s’agit bien d’une opposition entre un réel sentiment d’oppression engendré chez les populations visées par les convictions professionnelles des forces de police, le premier phénomène étant la conséquence quasi mécanique du second. »(  fin de citation ) .

 Le Figaro.fr, relate , lui , l’irruption dans une tranquille station balnéaire, d’une bande de « jeunes des banlieues », qui pendant plusieurs jours a semé la terreur sans que la Police n’intervienne, au point de provoquer chez les habitants de cette petite ville, une réaction d’autodéfense qui aurait pu se terminer tragiquement.

 Je cite le Figaro : « Selon la sécurité publique, c’est dans les tout derniers jours de juillet que le groupe d’une dizaine de jeunes s’est d’abord fait remarquer sur le front de mer de Royan, squattant un logement en plein centre, pratiquant la revente de stupéfiants et commettant quelques vols à l’éta¬lage. Visiblement agacé, un vacancier habitué de la cité balnéaire complète, sous couvert de l’anonymat : «Pendant plusieurs jours, ils ont terrorisé les petits vieux et multiplié les outrages, se droguant en pleine rue et affirmant vouloir faire la loi chez nous comme ils la font chez eux.»

Un témoignage confirmé par Didier Quentin, député-maire (UMP) de Royan, qui a écrit mercredi dans une lettre adressée à M. Hortefeux qu’ils avaient fait le « siège » de la ville, « comme l’attestent leurs cris, maintes fois répétés: « Royan est à nous » !!!!

Dimanche soir, la tension est encore montée d’un cran lorsque le petit groupe, qui avait déjà tenté d’extorquer 200 euros au videur d’une boîte de nuit, s’en est pris à un vendeur de sandwichs installé sur le front de mer. «Sans prévenir, l’un des jeunes a dégradé un accessoire publicitaire avant de porter des coups au forain, qui s’est ensuite vu réclamer la somme de 1 000 euros pour résoudre le différend», résume le procureur de Saintes, Fabienne Atzori.

Trois jeunes ont été condamnés mardi dans ces deux affaires, en comparution immédiate, à des peines allant jusqu’à 4 mois de prison ferme.

Lundi, en milieu de journée, une trentaine de forains excédés se sont réunis dans le centre de Royan, visiblement bien décidés à régler le problème eux-mêmes. Armés pour certains d’une barre de fer ou d’une clé à molette, ils se sont présentés devant le garage où s’était retranchée la dizaine de jeunes. Selon plusieurs témoins, l’un des assaillants aurait même fait usage d’une arme de type Gomm-Cogne pour intimider les jeunes fauteurs de troubles, juste avant que la police n’intervienne. Le calme revenu, plusieurs riverains persistaient mardi à fustiger la «passivité» des pouvoirs publics.

 De son côté, le parquet de Saintes a ouvert une enquête afin de déterminer si les forains doivent être poursuivis par la justice. » ( Fin de citation).!!!

 La lecture de la relation de deux situations quasi symétriques met en évidence l’immense fossé de perception qui existe entre les « habitants des banlieues »( sans généraliser )  et la « France profonde », en ce qui concerne les questions de délinquance et de sécurité.

 Elle montre que la Police est coincée entre deux dangers : faire preuve de vigilance, et tenter d’anticiper en pratiquant des contrôles « préventifs » le plus souvent mal perçus, ou ne pas réagir au risque de voir de plus en plus de situations où les citoyens seront tentés de se faire justice eux-mêmes.

 Certes les policiers devraient s’astreindre à respecter les règles élémentaires de correction et de politesse à l’égard de ceux dont ils sont amenés à contrôler l’identité.

 Mais les situations devant lesquelles ils se trouvent ne sont pas toujours comparables à celle décrite dans l’article du Monde.fr, par notre agent administratif hospitalier, dont le frère s’est plié au contrôle de son identité sans résister, tout en ne se privant pas faire certaines réflexions aux policiers.

 Il existe de nombreux exemples de situations dans lesquelles, les policiers sont l’objet d’insultes quand ce n’est pas d’agressions physiques. Alors garder son calme dans ces cas-là, c’est parfois au-dessus des moyens de certains jeunes représentants des « forces de l’ordre ».

 Elle montre aussi que si la Nation a d’immenses progrès à réaliser pour amener ses » banlieusards » à un niveau d’intégration ( que beaucoup d’entre eux refusent catégoriquement )qui leur permette de se sentir considérés comme des citoyens à part entière, les habitants de banlieues ont eux-aussi des progrès à faire pour que l’image qu’ils projettent sur la société française soit encourageante et positive.

Car beaucoup d’entre eux n’ont pas conscience du fait que par leur comportement, par leur usage abusif des libertés que leur garantit notre République, ils créent les conditions d’un climat dont ils souffrent ensuite, celui de la « stigmatisation » et des « discriminations » dont ils se plaignent en permanence, à plus ou moins juste titre.

Au fond, il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, et il n’y a pire malentendu que celui qui sépare des malentendants….. A bon entendeurs, Salut !!!!

Post-Scriptum : A titre d’illustration de ce dialogue de sourds, le questionnement par Madame Melissa Debbouze du Ministre de l’Intérieur, dans l’émission « ZONE INTERDITE » de M6, dont la vidéo est reproduite ce jour, sur le Figaro.fr., à réécouter ici :http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/09/03/01011-20090903FILWWW00604-melissa-theuriau-irrite-des-policiers.php.

Les syndicats de Policiers n’ont pas apprécié.

Il est vrai que cette jeune journaliste dont le charme n’a d’égal le talent, est apparue, au cours de cet entretien, sous un jour nouveau. Serait-elle, désormais, totalement « Djamelisée »???…

 

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