La Gauche qui pédale…dans le caviar.


« Le Monde » s’inquiète, de temps à autres, du déclin du poids intellectuel des idées « de gauche ».

Sur<http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2008/10/31/le-nous-de-la-gauche-est-en-peril_1110398_3224.html<il donne la parole à Jérôme Vidal , auteur, traducteur et éditeur, sur le thème de « la Gauche face à son impuissance » et publie des extraits des bonnes pages du dernier livre de cet auteur, intitulé « La Fabrique de l’impuissance » aux éditions Amsterdam.

Deux passages ont retenu mon attention parmi les meilleures pages publiées, car elles traduisent une opinion que j’ai souvent émise à propos d’une génération de dirigeants socialistes qui comparée a celle des géants que furent des Jaurès, des Mendès France, des Mitterrand,et j’en passe, font figure de pygmées ringards, parceque incapables de formuler un message de gauche qui soit « moderne », « renouvelé » et en phase avec son temps.

La classe politique de Gauche s’est enfermée dans une sorte de « Don Quichottisme » pathétique, consistant à partir en guerre contre les moulins et ne trouver qu’à se battre avec le vent qui fait tourner les moulins. Il en est ainsi du combat contre la « mondialisation » à laquelle la Gauche voudrait s’identifier, et qui ignore les moteurs puissants que sont l’extension à l’ensemble de la planète du domaine des communications, et la vitesse de déplacement des hommes, des idées, des innovations, et des capitaux. Être contre la « mondialisation » c’est un peu comme être contre le fait que la Terre tourne… 

Une des hypothèses directrices du livre, évoqué ci-dessus, « est que le pouvoir de la droite n’est, pour une part essentielle, que la conséquence de l’impuissance de la gauche. Cette dernière s’est en effet montrée incapable d’apporter une réponse appropriée – de gauche, orientée par le souci de maximiser les possibilités concrètes d’une démocratisation du monde social – à la situation inédite créée par la transformation postfordiste de l’économie capitaliste, la précarisation de la condition salariale et la crise de l’État social. Elle s’est montrée largement incapable de comprendre pourquoi le discours de la nouvelle droite a pu aussi facilement s’imposer dans les consciences et paraître, seul,  » réaliste « . Autrement dit, elle s’est montrée incapable de répondre à la question de savoir ce qui fait la force du néolibéralisme. »

Le passage concernant les « zintellectuels », ceux qui considèrent faire partie de « l’aristocratie républicaine », ce qui leur donne le pouvoir de dire le « vrai » mais parfois aussi, pour un certain nombre d’entre eux, souvent « le faux », est marqué au sceau du bon sens, un bon sens qui fait défaut à ceux qui, au lieu de ressasser des concepts du siècle dernier, feraient bien de faire l’effort de se remettre au travail et de s’efforcer de conceptualiser une nouvelle approche, de Gauche, du monde tel qu’il est en train de se transformer sous nos yeux.

Je cite:

« Une démarche telle que celle exposée dans les chapitres précédents implique une toute autre politique de l’intellectualité et des savoirs que celle que voudraient imposer les surprenants  » nouveaux chiens de garde «  du Parti socialiste. C’est dès l’incipit de l’appel qu’ils ont publié le 19 avril 2007 dans Libération que ses signataires font naufrage  :  » Nous sommes des intellectuels et gens de culture… « . Nous sommes les kaloïkagathoï, auraient dit les membres de la bonne société de l’Athènes classique dans un langage à peine plus brutal  : nous sommes les beaux-et-bons. Nous sommes des vaches sacrées. Nous sommes des esprits supérieurs. Nous sommes ceux qui comptent. Ceux auxquels leur fonction, leur statut ou leur nature confère un magistère, une autorité supérieure et légitime. Nous sommes les auctores, ceux qui possèdent l’art de déchiffrer le réel et d’en délivrer le sens, ceux qui dans la confusion restent capables de dire le bien et le mal.

Nous sommes des gens de valeur, nous sommes la valeur incarnée.  » Nous sommes des intellectuels et gens de culture « .

« INTELLECTUEL COLLECTIF

« Non pas, donc, une définition de soi provocatrice et polémique, adressée à tous et susceptible d’être reprise – ou contestée – par tous, comme dans le cas de  » Nous sommes la gauche « , non pas une déclaration fondamentalement égalitaire portée par un  » nous «  universalisable, par un intellectuel collectif dont chacun peut en droit participer, mais un  » nous «  exclusif qui vient sanctionner la monopolisation de l’intellectualité et des savoirs légitimes. Traduisons  : Nous sommes de l’intelligentsia, nous sommes de la classe des intellectuels.

À cet aristocratisme de l’intellectualité, il serait erroné de croire qu’il est possible d’opposer l’autorité même qu’elle mobilise, de la retourner contre elle-même, en s’appuyant sur les divisions qui traversent la classe des  » intellectuels « , en jouant un groupe d’ » intellectuels «  contre un autre  :  » Nous qui sommes aussi des intellectuels et gens de culture… « . Ce type de retournement viendrait en effet reconduire, comme si la chose allait de soi, l’autorité et les privilèges de ceux qui se désignent et sont désignés comme des  » intellectuels « , comme des membres du groupe ou de la classe des  » intellectuels « .

Fin de citation.

L’hebdomadaire Marianne publiait récemment un excellent papier sur « l’arrogance des intellectuels de Gauche » qui, pendant trop longtemps n’ont su que traiter ceux qui à Droite avaient la prétention d’émettre des analyses ou des idées sur l’évolution de notre société, que par le mépris. Un mépris qui s’exprime par le refus de débattre, et l’excommunication, à travers des qualificatifs aussi injustes qu’injurieux.

Je me suis précipité pour passer commande de l’ ouvrage évoqué ci-dessus, dont la lecture, devrait me permettre de compléter un autre ouvrage récemment lu , « Le nouvel Opium des Intellectuels ».

Tout ce qui peut favoriser un renouvellement , une mise à jour, et une modernisation des idées de Gauche est bon pour la République.

7 réflexions au sujet de « La Gauche qui pédale…dans le caviar. »

  1. Ping : Quand soudain, les « Valeurs  se sont inversées….. | «Tempus Fugit….

  2. Ping : de la "Providence" en politique…. | Tempus Fugit….

  3. Le « fond » de votre billet n’est pas ce grand placard central représentant une affiche du PS ?
    Le « fond » de votre billet n’est-il pas que cette affiche vous « fait sourire » ???
    C’est donc bien ce « fond » que j’ai commenté, avouant même mon incapacité à commenter le long fleuve d’une citation qui me dépasse.
    Quant à ma « formation syndicale », je ne vous estime pas spécialement compétent pour en juger. Et encore moins qualifié pour commenter mon comportement en négociations.
    D’ailleurs, votre commentaire me fait sourire. Il démontre, si il en était besoin, que vous étiez plutôt du coté ..non syndical.
    Car mon expérience à moi, c’est que ce sont justement les employeurs qui tentent de déplacer la discussion sur un autre terrain lorsqu’un sujet les dérange…
    Le Ministre Xavier Daros en est une illustration frappante ces dernières semaines. Il l’a même reconnu dans les colonnes du journal « Le Monde », un quotidien, selon votre propre aveu, « qu’il vous arrive de lire de temps en temps »…

    jf.

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  4. Et alors ??? Qu’est-ce que cela change sur le fond des idées évoquées dans ce billet ???
    Vous êtes imbattable sur les problèmes de forme, mais ne commentez jamais le fond.
    C’est sans doute votre formation syndicale qui refait surface. Quand le sujet abordé dans une négociation dérange, on déplace la discussion sur un autre terrain ????
    Mais ça ne trompe personne….

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  5. Le slogan vous fait peut être sourire mais c’est bien celui-là qui a opéré entre les deux tours, ne vous en déplaise, comme je l’ai expliqué plus haut.
    jf.

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  6. Je dois dire que votre longue citation me dépasse quelque peu..Sans aucun doute parce que je ne suis pas et ne me revendique pas « intellectuel »….
    Ceci dit votre « large » évocation des législatives de 2007 à l’appui de votre « théorie » me fait bien rigoler puisqu’entre les deux tours et contre toute attente des gens de droite et des sondeurs, la gauche et en particuliers le PS ont raflé une cinquantaine de sièges de plus que toutes les projections les plus optimistes. Vous avez toujours des trous de mémoires mon Cher Berdepas !

    Et au vu de la cise actuelle et des décisions prises par le Président, son Gouvernement et les soubresauts de sa majorité je me demande si votre propos n’est pas…déjà dépassé.

    Et puis, comme vous le dites si bien la terre tourne… La droite en sait quelque chose: elle a mis combien d’année à se remettre de sa défaite de 1981….. ?????
    Faut jamais ricaner trop vite !

    jf.
    PS. Vous faites tout simplement comme les journalistes que vous n’aimez pas: vous nous faites un titre accrocheur qui n’a strictement rien à voir avec le contenu de votre billet !

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